Résumé de carrière de Marc HENRARD de 1953 à 1968 dans l’ALOA puis l’ALAT... par lui-même !

(La syntaxe et le style de l''auteur sont reproduits in-extenso, sans correction)

Article mis à jour le 06/02/2015


Le 09/12/1932  j’ai vu le jour à Saint Waast la Vallée dans le Nord et j’y suis resté jusqu’à mon engagement en mai 1953. Je suis parti à Nîmes à l’Ecole de Spécialisation de l’Artillerie Anti - Aérienne pour effectuer  mes pelotons d’élève gradé, j’ai terminé en décembre avec le grade de Maréchal des logis. Dans la foulée je suis parti à l’Ecole de l’armée de l’Air à Rochefort  pour suivre un stage de mécanicien « Avion » je m’étais porté volontaire ainsi que

3 autres camarades  BISLINSKI, DUMAS Joseph et TEYSSIER. Nous étions arrivés à Rochefort vers midi et nous rejoignions l’école à pieds. En cours de route nous croisons des militaires en tenue bleue et coiffés de calot et/ou  casquette. Le premier en casquette un beau galon nous le saluons, les suivants avec 2 / 3 et 4 galons  en biais sur les calots  nous les ignorons mais tout à coup rappel à l’ordre « alors vous ne savez pas saluer » le militaire avait 4 galons (comme un major chez nous mais rectangulaire) réponse  «  si major »  on dit « mon commandant »…nous tombons des nues c’étaient tous les officiers qui se rendaient au mess.  Le lendemain nous nous sommes rendu  compte que c’était l’adjoint du Colonel RISSE commandant l’école. Ayant rejoint l’école et les stagiaires  de l’armée de terre nous étions une quarantaine  de sous-officiers de tous grades de toutes les armes et bien sur les calots de tradition de toutes les couleurs  le matin à la cérémonie des Couleurs c’était plutôt folklorique ce petit groupe hétéroclite au milieu de plusieurs centaines « d’uni-couleur bleue », un stagiaire avait même une chaussure noire et l’autre rouge sauf erreur de ma part  il s’appelait BROSSARD ou BROCHARD, car le matin dans son compartiment pas éclairé il avait enfilé des chaussures à la hâte….  Nous étions logés à La Rochelle  chez les « Tringlots » par chambrées de 24 et nous faisions la route en camions bâchés matin et soir, cette année 1954 il a fait très froid et nous avions des couvertures comme seule protection. Avec la pénurie de charbon il fallait attendre très tard le soir pour avoir chaud. A l’époque les piquets de signalisation de nos amis étaient en bois et leur stock de réserve à singulièrement diminué cet hiver là car nous avions fait en sorte d’alimenter les poêles en conséquence.

Après  4 mois de  théorie,  15 jours de permission furent les bienvenus, avant d’aller  terminer notre formation au camp de Steten en Allemagne dans une unité du matériel nous étions en altitude et il faisait  encore froid en avril, mais là nous étions bien logés 2/3 par chambrée  bien chauffés et bien nourris. Nous avons enfin su  sur quoi nous allions travailler en voyant les premiers « Piper L4 » notre vie dans l’ALOA commençait. Au bout de 4 mois ou nous avons quand même appris notre nouveau métier et après l’examen final nous obtenons notre B E (  Brevet  élémentaire de mécanicien  1er degré. nous étions fin  aout 1954.

Mais il y a quand même eu de la discrimination car tous les Sous-officiers issus du Matériel furent reclassés « échelle de solde  4 » et les autres « échelle 3 » En ce qui concerne les 4 mousquetaires de Nîmes nous n’avions aucun BE  condition qui était requise pour faire ce stage et en plus nous étions « PDL » ( pendant  la durée légale)

Ci-dessous  quelques photos prisent pendant le stage à STETTEN,  avec la moustache LEGUEN,  le front déjà dégarni,  avec la cravate de la colo JOSSE, celui en salopette dans les nuages DELON, derrière moi LEGOGUIC, ROBERT, au fond de gauche à droite HARMAND puis MOUTON derrière  LEGUEN, un chef surnommé SHERMANN.   
Les autres se reconnaitront surement et  pourront peut-être compléter la liste…        

Votre serviteur étudiant des équipements d’avion, avec l’Adjudant ESPITALIER, il appartenait à l’arme du matériel.

En attendant notre affectation ALOA nous sommes retournés dans nos unités respectives pour moi ce fut  le 406  RAA à Amiens ou j’avais été muté entre temps. Le 1er octobre 1954  je rejoignais le GALAT 8 à DINAN. ( voir  mon article sur cette unité)

En  septembre 1955 je suis allé faire le BE hélicoptère à Satory au GEALAT  et en janvier 1956  j’étais muté au GH 1 commandé par le Chef d’Escadron RAZY  (voir mon article sur l’Escadrille Hiller) dans cette unité en octobre je suis allé passer avec succès  mon «  B S  avion » à Bourges cela c’est passé en 3 jours …mais j’ai eu mon échelle de solde « 4 »

 Entre temps le GH1 a été dissout et nous nous sommes retrouvés en juin 1957  au GALAT 7 commandé par le chef d’Escadron  MARRATZ ( Voir mon exposé sur l’escadrille Hiller)

Le 1 /02/1958 j’étais nommé M d L- Chef  et le 1/07 je partais pour le GH 2 à Sétif. J’ai d’abord fait mon stage transformation sur Alouette 2 avant de rejoindre l’EHO 1 à Tébéssa sous les ordres du Lieutenant LABBE nous y sommes restés 3 mois puis retour à Sétif  jusqu''a ma mutation  fin mai 1959 au  GT 101. Nous volions beaucoup et je faisais souvent équipe avec le Chef HALLEREAU et/ou  l’Adjudant BEURTON Quelques souvenirs me reviennent, le premier, un matin j’avais chopé une turista qui reste dans la mémoire et je ne suis pas parti le matin  avec le DIH.  Je suis donc resté  en alerte dans le baraquement de l’EHO  et ce qui devait se produire arriva « alerte sanitaire » seul mon appareil équipé  était disponible. Avec HALLEREAU et toujours mon mal de ventre  nous décollons mais au bout d’une heure ce vol une envie pressante  me prend. Nous nous posons en catastrophe vu l’urgence, dans la nature le plus loin possible de tout lieu habité et moi positionné à distance du rotor pour éviter les éclaboussures. Par la suite  nous avons pu terminer la mission sans autre incident.

 Une autre fois avec BEURTON nous étions en opération avec le DIH posé sur une DZ  prêt à casser une petite croute mais voilà que nous devons aller déposer le Colonel commandant l’opération  sur le lieu d’un violent accrochage j’avais l’Alouette équipée de 2 civières. Nous décollons en pensant manger au retour, mais voilà à destination  il y  avait déjà des blessés  et aussitôt départ pour la DZ de l’hôpital de SETIF.  Dans l’après midi nous n’avons pas arrêté de faire la navette  il faisait chaud en ce « vendredi saint 1959  »  nous avions faim et soif personne ne s’occupait de nous. Lors de la dernière rotation avec le Colonel allongé sur une civière car il avait reçu une balle dans l’épaule,( il avait tenu à rester jusqu''à la fin de l’opération)  nous nous sommes assoupis un instant et c’est la tour de contrôle qui en hurlant nous a  sauvé la mise nous nous sommes tous les deux  lancés sur le manche à balai. Ouf il était temps. Puis nous sommes rentrés à la base  il se faisait tard, et,  il n’y avait plus personne pour nous accueillir. Après les formalités d’usage, rentrer l’hélico faire les pleins, les formes, et avoir trouvé un véhicule  nous sommes allés au bar du mess. L’Aumônier était là il nous à demandé le pourquoi de ce retard et après lui avoir expliqué il nous à offert 2 bières spéciales à col blanc que nous avons bues goulument. Mais n’ayant rien dans le ventre nous  nous sommes retrouvés un peu ivres et  de ce fait,  impossible de nous rendre aux offices proposés par notre Aumônier.

Les missions ne manquaient pas et en 7/8 mois j’ai fait plus de 300 heures de vol . Après le groupement 101 ( voir mon dernier article) en Avril 1961 direction l’ESALAT de Dax. J’avais trouvé ma vocation de bureaucrate et j’ai remplacé l’A/C  POTET  au secrétariat du chef de corps cela ne m’a pas fait que des amis parmi les anciens qui trouvaient que ce n’était pas un poste pour un simple Chef  mais le « BIG Marceau » en avait décidé autrement. Lorsqu’ il a été muté à la Jeunesse et aux Sports il fut  remplacé milieu 1961 par le Colonel d’ARNAUDY  qui venait du groupement  105 d’Alger. Il était accompagné de  son Chef d’Etat-major,  le Chef d’Escadron  HECTOR qui a remplacé comme Officier Adjoint  le Chef d’Escadrons COUTEAU  qui  lui devenait  Directeur de l’instruction. Autour de nous il y avait la Direction base avec le Commandant LASSARTESSE , la Direction du matériel avec le Commandant   TARRIDE, aidé par l’Adjudant  CAUSSIN qui nous a rejoint,  à la Direction de l’Instruction avec le Commandant OLDRA et le chef d’Escadrons d’ANDURAIN  qui succédaient au Chef d’Escadrons COUTEAU, au  secrétariat il y avait l’A/C  FABRE Robert .

Ci-dessous la photo de l’A/C POTET  entouré de mes 2  charmantes secrétaires Mesdames BEZAMAT (épouse d’un moniteur pilote) et GARCIA toutes 2 employées civiles.

J’y suis resté  un peu plus de  2  ans  et en juin 1963 je repartais à l’EAALAT de Sidi bel Abbés  sous les ordres du  Chef d’Escadron SOMMERER  là, je suis resté à la chancellerie avant de rejoindre le Commandant BOULEAU à L’EMI (Etat  Major Interarmées ) à la REGHAIA au 4éme bureau ALAT  chargé de la liquidation technique des pelotons il a été remplacé par le Chef d’Escadron DUMONTET avec qui je me suis très bien entendu.  Entre temps le 01/07/63 j’avais été nommé  Adjudant .  C’est à cette époque que  BRICE  qui fut 2 fois major en 1956 ( MdL  Chef  Major) et en 74/75 (A/C Major) m’a surnommé par vengeance le Petit Colonel,  car il venait d’être grand père à 36 ans et je l’avais dans notre bulletin  signalé comme  «  le plus jeune grand père volant de l’ALAT »  il n’avait pas beaucoup apprécié.

Le  15/04/64 j’étais affecté au GALDIV 8 de  COMPIEGNE  où  le  Lieutenant  Colonel HECTOR venait  d’être muté pour remplacer le  Lieutenant Colonel CHAUDESSOLE.

 Bien sur je suis devenu  son Secrétaire et nous avons repris nos vieilles  habitudes. Mais pour des raisons qui lui étaient propres il a demandé à bénéficier de l’article 3 qui venait de sortir et il a quitté l’armée pour l’éducation nationale ( a noter qu’il était déjà instituteur en 1938…) actuellement à 96 ans, toujours bon pied bon oeil , il se repose à la maison de retraite de la Légion d’Honneur à ST Raphaël. Comme remplaçant est arrivé le lieutenant Colonel DUMONTET  fraichement nommé, nous n’étions pas dépaysés. Comme Officiers adjoint  se sont  succédés   les commandant De PYTRAY, d’ANDURAIN  et BON.

Le GALDIV  était  divisé en 2 parties :

-       L’Etat  Major, l’ECS commandée par le Cne DIMITRIEVSKY  (DKY)  le service auto avec comme patron le Lt  POIGNET, assisté de l’Adjudant BROYERE et du  MdL Chef BARTACK ,  les Services Administratifs  avec les Capitaines ROSSIGNOL  et DELARUE  secondés par les A/C PUCCINI  (PSO) et l’Adjudant DETHINNE,  se trouvaient au camp de ROYALLIEU dans des baraques « FILLOD »

-       Les escadrilles avions et hélicoptères qui furent commandées successivement entre autres par les capitaines et/ou lieutenant  BUISSON, LARTILLOT, SAUVAGE,  PROISY,  ( que ceux que j’ai omis  m’excusent) se trouvaient sur le terrain de MARGNY  avec les services techniques.

-       Mais il y avait une aire de poser pour les Hélicoptères à droite de la baraque FILLOD du  P.C .à  ROYAILLEU.

-        

Le  31/12/1964 je recevais la Médaille Militaire qui me fut remise le 11 novembre 1965 devant le Wagon de l’Armistice par le Général KOENIG  héros de BIR-ACHEIM et lui aussi titulaire de cette prestigieuse décoration (ce qu’il m’a dit en l’accrochant).                  .

En octobre 1965 je passais le concours d’Officier Technicien j’ai été reçu à l’écrit, mais n’ayant pas suivi l’évolution de la  technique, à l’oral je me suis ramassé une veste.

Le 01/04/1967 j’étais nommé Adjudant Chef

Le 01/05/67 je rejoignais avec le Chef d’Escadrons BON  le Groupement 102 à ESSEY- les- Nancy sous les ordres du  Lieutenant –Colonel CHAUDESSOLES  qui  malheureusement devait  être victime d’un accident d’avion en Allemagne avec le Général NAVELET ainsi que le pilote le mécanicien et le Chef du 1er bureau, je suis un rescapé car je devais les accompagner,  le Broussard avait 6 places, en temps que chargé de la chancellerie au Groupement, mais le vendredi précédent nous étions au GALDIV 8 , mon épouse et ma famille  habitaient encore COMPIEGNE  et j’ai du déménager le samedi  le «  patron » m’avait dit qu’il ferait sans moi à TREVES le lundi  et le devais le rejoindre le mardi à FRIBOURG en alouette avec le Cdt  BON  mais le destin en a décidé autrement.

Au groupement il y avait également  le Capitaine  AUZEILLES,  l’A/C   JOLY et l’Adjudant LEMOINE .

  Par suite d’un différent idéologique avec  le Commandant  du 1er bureau  du  COMALAT  lors de son passage à NANCY  ( auparavant   j’étais inscrit n° 4/24 comme Sous -lieutenant pour 1968  et devais être nommé dixit le Général NAVELET), je me suis retrouvé 5éme et donc éliminé. Par dépit et tout juste  à 15 ans et un mois de service  j’ai donc décidé de faire valoir mes droits à la retraite et le 05/06/68  je quittais l’armée. Il faut dire que j’avais un fichu caractère (et je l’ai toujours) et pas ma langue dans ma poche ce qui m’a toujours  été reproché dans mes notes, aussi bien dans le civil.

Comme récompense tardive je fus nommé Officier de Réserve le 01/10/1970

Je ne  regrette pas ma décision car j’ai fait une carrière dans le civil qui répondait à mes désirs et cela grâce au Commandant en second du CISALAT qui m’avait recommandé à son cousin qui dirigeait une entreprise pétrolière à NANCY.

                             Merci d’avoir pris le temps d’avoir suivi mes élucubrations

                                                                     Le petit Colonel…

 

 

 

Stage  mécanicien  A L O A    06/01/1954  au 31/07/54

BA 721 à  ROCHEFORT  et   RGT du MAT à STETTEN

 

 Liste des participants :  (il en manque peut être ?)

 

-        A/C  CAPRON                  les SOUS/OFFICIERS  Supérieurs  sont de l’ARME du MATERIEL

-         

-        ADJT   CLAVERIE

-          ‘’       LENTATI

-         ‘’        MENARD

-        ‘’         MOUTON

-        ‘’         PRAT-BERNACHOT

-        ‘’         ESPITALIER

-         

-        S/C major   TOUCHARD                           TOUTES    ARMES

-             ‘’              BAUDOIN

-            ‘’               BRUEL

-            ‘’               HARMAND

-        S/Chef        JOUBERT

-           ‘’              BOULONNAUD

-          ‘’               REYNAUD

-          ‘’                HARITCHELLA

-          ‘’               CAUSSIGNAC

-          ‘’               GUITARD

-         MDL         CHARLES                                            -  MDL  JULIAN

-          ‘’               LEGUEN                                            -     ‘’      GUEGUEN

-          ‘’               TEISSIER                                           -     ‘’       BOSSARD

-          ‘’               LECOGUIC                                        -      ‘’      JOSSE

-          ‘’              BATTEUX                                           -     ‘’       ROBERT

-          ‘’              JOMOTTE                                          -      ‘’      LAVOT

-          ‘’              COLLIGNON                                      -      ‘’      DELON                                 

-          ‘’              BISLINSKI                                          -      ‘’      HENRARD

-          ‘’              BLANC  Emile                                   -      ‘’      DUMAS   Joseph


Pour la postérité (ce n''est pas souvent qu''un tel diplôme est délivré) :

Diplôme d''honneur délivré à Marc Henrard fin 2014


 Mes décorations