Photo de groupeLa découverte d’une ville aux multiples facettes, tel était le but de notre journée ce samedi 24 septembre 2016.
Nous ne ferons pas la litanie des hommes célèbres de cette ville parce que « Jacky » notre guide et historien nous l'a fait découvrir autrement.
En parcourant le vieux port avec toutes ces ruelles typiques, des baraques de pêcheurs ou des écriteaux rappellent leur appartenance ou origine tel que « le Carre », « l’Italien », « le Sicilien », etc.
Ancien site romain, réoccupé par décision de Colbert en 1666 qui fit exécuter les travaux par Vauban et l’ingénieur Paul Riquet (canal du Midi).
La ville prendra vite de l’importance grâce au canal et l’extension du vignoble languedocien (muscat petit grain de Frontignan, vendangé « à la main »).
Nous le dégusterons à midi avec le repas typiquement méditerranéen, de crustacés et coquillages préparé par Frédérique et Jean Marc Vitale, suivi d’un exposé sur la conchyculture.
Un petit aperçu de l’étang de Thau où le vent est maître et malheur à ceux qui l’oublient. Car chaque année, avec des marées de 80 à 90 cm, quelques embarcations rejoignent au fond, le cimetière des bateaux perdus.
Je passerai sous silence la haute technicité des ponts levis, permettant le passage des trains et des bateaux, mais je ne peux omettre de parler de l’hôtel 4 étoiles pour une trentaine de chats errants (qui ne le sont plus), logés, soignés et nourris bénévolement comme des ministres.
Merci et bravo à Gilbert MORALES pour nous avoir organisé cette excellente journée découverte.
Jean François SISTACH

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À propos de la Pointe Courte (par JC LACOUR)

À Sète, la Pointe Courte, ce quartier de cabanons de pêcheurs, est une petite ville retranchée dans la ville. Chercher la Pointe Courte sur une carte de l'Hérault est une perte de temps. La Pointe Courte est un village retranché. Une presqu'île dans la presqu'île de Sète, premier port de pêche de la Méditerranée. Mais la Pointe Courte tourne le dos à la Méditerranée pour regarder vers l'étang de Thau. La Pointe Courte n'est pas Sète. C'est un petit Sète à l'abri de Sète. Des maisons colorées d'un étage, un quai celui du Mistral , deux rues et quelques ruelles qui renvoient aux traditionnelles joutes marines: traverse des Tambours, des Rameurs, des Barreurs, des Jouteurs. Et une cinquième qui porte le nom d'une cinéaste qui, grâce à un film sorti en 1956, attesta de l'existence de ce village de pêcheurs minuscule et officieux, alors composé d'une poignée de familles: Agnès Varda. Les Pointus sont les rois de la galéjade, des chambreurs de première, avec cet accent qui n'est pas exactement lyonnais. Leur rire féroce est d'ailleurs, selon les Sétois qui sont leur cible favorite, le premier trait distinctif des habitants de la Pointe, longtemps caricaturés comme une horde de séparatistes aux codes infranchissables. Surtout, la Pointe a son équipe de barreurs pour les joutes et son propre club de foot, toujours prêt à faire le coup de poing au moment du Derby l'opposant au FC Sète, l'ennemi de toujours. Mais derrière cette réputation de vivier à grandes gueules, de pêcheurs volubiles et rigolards soudés par une fraternité tangible, se cache la longue attente d'une reconnaissance. La Pointe est un lieu sauvage, longtemps interdit et menacé. A l'origine, c'est un amas de cabanons où les pêcheurs de l'étang stockent leurs filets. Lentement, et au mépris des interdictions ses sols sont diagnostiqués comme instables , des familles de pêcheurs s'y installent dans des conditions vétustes, montent de petites «baraquettes». Le bar du Passage, à l'entrée du quai du Mistral, n'est plus, depuis belle lurette, ce coupe-gorge légendaire, rendez-vous des contrebandiers où l'étranger n'était pas le bienvenu. Et dans les ruelles, on accueille le visiteur avec candeur. La Pointe vit aujourd'hui réconciliée: il y a quelques années, la mairie de Sète a comme validé l'existence de cette soixantaine de petites maisons de couleur en mettant en chantier un assainissement des sols. Depuis, la Pointe Courte existe. Ravalée, ripolinée, pimpante. Mais reste introuvable: lorsque vous pénétrez dans Sète, rien ne l'indique, pas un panneau pour vous affranchir de votre éventuelle arrivée en terreau pointu. Pour distinguer la Pointe Courte des autres quartiers de Sète, il faut remonter à contre-courant le canal où transitent, entre septembre et novembre, les bancs de dorade, qui du Golfe du Lyon se jettent en Méditerranée. A l'automne, ils sont des dizaines de pêcheurs à les attendre au tournant, le long du quai du Mistral. Pour accéder à ce quai, il suffit de passer le pont, comme le chanterait Brassens. Celui de la Gare, longer l'armature de métal, avancer sans se retourner et découvrir un îlot de maisons qui n'ont pas l'autorisation de monter au-delà de deux étages, pour préserver cette unité qui fait depuis quatre générations sa beauté comme italienne. En guise de préau, d'interminables rangées de linge blanc. En apparence, seules les ruelles semblent mieux ordonnées, les maisons davantage entretenues, murs rouille, bleus, verts ou blancs. Ses familles se sont sédimentées et les poteaux électriques ont disparu. On se promène dans la Pointe comme dans un fantasme de vie reculée. Exactement le type de folklore qui exaspère les Pointus. Mais le noir résiste, derrière, là où sont amarrées les barques avec lesquelles on traverse l'étang pour pêcher clovisses et palourdes. Au bord de l'eau, on trouve encore ces longs morceaux de bois, taillés en asperge, empilés en bottes: des pieux entre lesquels on tend les filets où viendront se prendre les anguilles, les sardines. Un arsenal de pêche immobile qui, en séchant, libère cette odeur particulière, acre et noble, de poisson séché. A la Pointe comme à Sète, les racines restent italiennes, les premiers pêcheurs venaient des environs de Naples, et on revendique force macaronades, tielles et baudroies en bourride, une gastronomie et une culture italienne populaires. On a souvent appelé Sète «la petite Venise». Dont la Pointe serait le Burano. Burano !

JCL