Lieutenant BOITEUX

Le 11 janvier 2013, dans le cadre de l''opération Serval (MALI), le lieutenant Damien BOITEUX, du 4e RHFS, a succombé à ses blessures après que sa GAZELLE fut atteinte par des tirs ennemis.

De nombreux témoignages ont déjà été publiés sur Internet et dans les médias. Le webmaster, qui a bien connu Damien, tenait à publier ici, sur le site de l''AA-ALAT du Languedoc-Roussillon, un article à sa mémoire. La biographie ci-dessous est celle publiée par l''armée de Terre.


 

Né le 24 novembre 1971, le lieutenant Damien BOITEUX aura servi la France durant 22 ans.

À 19 ans, il s’engage le 1er janvier 1991 en qualité d’élève sous-officier à l’école nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent. A l’issue d’une brillante formation initiale, il rejoint l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre de DAX le 5 août 1991. Il est nommé sergent le 1er avril 1992.

Breveté pilote, il est affecté au 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg le 9 juin 1992. Sportif et enthousiaste, il progresse rapidement, c’est un jeune sous-officier consciencieux, discipliné et appliqué. Il s’impose déjà comme un pilote doué puis comme un chef de bord d’hélicoptère d’attaque proposition crédible et écouté de ses chefs comme de ses pairs. Il est promu maréchal des logis-chef le 1er juillet 1999 et est admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 1er décembre suivant.

Le 1er août 2000, il est appelé à servir en qualité de moniteur à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre de DAX. D’un naturel calme et mesuré, il tire son ascendant d’un comportement et d’un esprit militaire remarquables. Instructeur de talent et pétri de nombreuses qualités pédagogiques, il maîtrise parfaitement l’exercice de sa fonction d’instructeur. Il est promu adjudant le 1er avril 2004.

Le 1er août 2005, il rejoint le 6e régiment d’hélicoptères de combat de Margny les Compiègne. Très disponible, il se porte volontaire pour suivre les stages lui permettant d’évoluer en milieu opérationnel. Il retrouve ainsi rapidement sa place en escadrille de combat.

Le 1er juillet 2007, il est sélectionné pour rejoindre le détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre des opérations spéciales (DAOS) de Pau. Elément moteur de l’escadrille, il est une force de fort potentiel l’amènent tout naturellement au recrutement officier. Nommé aspirant le 30 juin 2008 puis sous-lieutenant le 1er octobre suivant, il s’impose sans peine dans l’exercice du commandement.

Le 1er août 2009, le DAOS devient 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales. Officier particulièrement aguerri, il est promu lieutenant le 1er octobre de la même année. Il s’illustre par son sens tactique élevé dans la préparation des missions et ses qualités de chef de patrouille et de moniteur Gazelle hors pairs. Spécialiste des interventions en milieu désertique de jour comme de nuit, il sert de manière remarquable au sein des forces spéciales.

Le lieutenant BOITEUX a effectué de nombreuses missions extérieures aux cours desquelles son dévouement et sa volonté de réussite ont été remarquées : Djibouti en 1993, l’ex-Yougoslavie en 1998, la République de Côte d’Ivoire en 2005, 2007 et 2009, à nouveau Djibouti en 2008 et 2009, la Mauritanie en 2010 et le Burkina-Faso en 2010, 2011 et 2012.

Il était titulaire de la médaille de l’aéronautique, de la médaille d’outre-mer avec agrafe « République de Côte d’Ivoire », d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze et de la médaille d’or de la défense nationale avec agrafe « aviation légère » et « missions d’assistance extérieure ».

Âgé de 41 ans, pacsé et père d’un enfant, il a été tué dans l’accomplissement de sa mission au service de la France.


L''association partage le deuil des proches et des camarades de Damien.

Un hommage national lui a été rendu le mardi 15 janvier à 16h30 aux Invalides. À cette occasion, il a été élevé au grade de chef de bataillon et a été fait chevalier de la Légion d’honneur par le Premier ministre. Le CEMAT lui avait remis la croix de la valeur militaire à l’ordre de l’armée avec palme, au cours d’une cérémonie intime d’honneurs militaires, en début d’après-midi, réservée à la famille et à ses compagnons d’armes.